De la mesure en toutes choses

« Je crois que Steve Jobs est mort » … ais-je textoté ce matin à mon chéri, à peine sortie du lit. Je suis un peu geek sur les bords mais pas au point de suivre, dès mon réveil, l’actu du fondateur d’Apple. Simplement ce matin en ouvrant un œil, mon café à la main, devant le journal de 8h de France 2, c’est la première info qu’on m’a donné ruminer. Sans offense aucune à ce grand esprit de notre temps, je ne peux m’empêcher de m’interroger.

Ne se passe-t-il rien d’autre de plus important sur terre que la mort de Steve Jobs ? Le Japon a-t-il fini d’éponger tous les crachats radioactifs de Fukushima ? La Thailande ne fait-elle plus face aux pires inondations qu’elle ait jamais connue avec toutes les conséquences sanitaires dramatiques que cela implique ? N’y a-t-il plus aucune guerre, ni aucune famine en Afrique ?

Je reste stupéfaite …. Comment est-il possible de titrer sur la mort, naturelle, et qui plus est, attendue, d’un homme, certes important dans l’histoire du vingtième siècle, mais qui au fond ne reste qu’un homme, ce qui n’est finalement pas grand-chose.

Ne vous méprenez pas, je ne nie pas que ce matin quelqu’un d’important est mort, je suis moi-même un peu triste. Par ses créations visionnaires, Steve Jobs a changé notre conception du monde, notre façon de penser, de réfléchir et de partager des informations. Il a introduit la technologie partout dans notre vie et l’a rendue hautement désirable, indispensable même, pour certains d’entre nous. Au même titre que Bill Gates, Steve Jobs est devenue une super star pour notre société occidentale.

Et, à mon sens l’impact de leur travail ira bien plus loin que l’univers des nouvelles technologies et de la communication. Je pense qu’il y aura un avant et un après « révolution informatique » dont Steve Jobs est l’incarnation qu’il s’agisse de notre manière de nous divertir, de créer ou même d’intégrer et de mémoriser les informations.

Simplement, je n’arrive pas à comprendre qu’aux quatre coins du monde, des gens, au final totalement ignorants du contenu de son travail et même de sa personne, pleurent sa mort et viennent déposer des bougies ou des fleurs devant les Apple store, ni même que partout sur Facebook fleurissent parmi mes contacts des » iSad ». Je n’ai pas la fibre « fan », je ne comprends pas cette propension à l’hystérie collective, cette débauche d’émotions qui me parait déplacée. Je le sais, notre société est de plus en plus dans l’affect, l’épidermique, l’instantané, le superficiel. Son manque de recul, de réflexion et de relativisation des choses m’étonne à chaque fois et me révolte parfois.  C’est le cas aujourd’hui.

Un homme brillant est mort prématurément du fait d’un cancer. C’est regrettable certes, triste pour les gens qui le connaissaient, un désastre pour ses proches. Mais, à mon sens, il y a un plus beau hommage à lui rendre que ces exubérantes démonstrations.

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Une réflexion sur “De la mesure en toutes choses

  1. Je sais que ce billet ne cadre pas avec avec la ligne du blog et ce qu’il annonce proposer. Rassurez vous je n’ai pas l’intention de vous assomer régulièrement avec des considérations philosophiques sur le monde, simplement aujourd’hui j’avais envie de partager mon sentiment là dessus. :)

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